mardi 10 février 2015

Plan de lutte contre le chômage de longue durée

Pour faire face à l’éloignement du marché du travail d’un nombre de plus en plus important de demandeurs d’emploi (2,2 millions de personnes inscrites en catégorie ABC depuis au moins un an en continu), le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a présenté un plan d’action composé d’une vingtaine de mesures plus ou moins nouvelles.

Parmi ces mesures : le nombre de demandeurs d’emploi en accompagnement renforcé de Pôle Emploi sera augmenté ; des moyens supplémentaires seront mobilisés pour permettre aux demandeurs d’emploi de bénéficier d’une formation qualifiante ; diverses mesures visent à lever les freins dits périphériques à l’emploi (logement, garde d’enfants, santé…) ; la mise en place, annoncée de longue date, d’un contrat de professionnalisation nouvelle carrière pour les séniors ; la création d’un nouveau type de contrat de professionnalisation, le « contrat nouvelle chance », plus long que le contrat pro traditionnel et permettant dans une première phase l’accès au socle de compétence suivi d’une phase de formation qualifiante. Ce plan prévoit également le développement des périodes de mise en situation en milieu professionnel. Enfin, le FPSPP financera à hauteur de 4 millions un accompagnement par des tuteurs des employeurs et des nouveaux salariés après leur période d’essai lorsqu’ils ont été éloignés de l’emploi pendant une très longue durée.

Rien à redire à ce dispositif favorisant l’accompagnement et la formation des demandeurs d’emploi de longue durée. Toutefois, s’il n’y a pas de création d’emplois toutes ces mesures, indispensables pour lutter contre l’exclusion et la précarité, n’auront pour effet que de changer l’ordre de la file d’attente des demandeurs d’emploi. Tant que certaines entreprises préféreront se débarrasser de leurs salariés considérés comme âgés et déqualifiés parce qu’ils ont plus de 45 ans plutôt que d’investir dans le maintien de leurs compétences le nombre de candidats au chômage de longue durée continuera d’augmenter.

Par ailleurs, le nombre de ruptures conventionnelles continue d’augmenter, ce sont autant de demandeurs d’emploi qui ne bénéficient ni du contrat de sécurisation professionnelle ni des mesures d’accompagnement au reclassement contenues dans les plans de sauvegarde des emplois en cas de licenciements collectifs. Ce sont là aussi, bien souvent, malheureusement, de futurs chômeurs de longue durée.

Pour nous, à la CFE-CGC, la mobilisation pour l’emploi déclarée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle ne sera complète et efficace qu’à partir du moment où elle deviendra la priorité des entreprises.

Pour l’heure, le résultat des discussions dans les branches autour des créations et/ou de la sauvegarde des emplois en échange des 40 milliards offerts par le gouvernement nous montre que nous sommes très loin d’une mobilisation responsable.

jeudi 29 janvier 2015

Quand le gouvernement parle de politique industrielle, la CFE-CGC cherche l’erreur…

A l’heure où le chômage de masse n’en finit plus de frapper nos concitoyens, la CFE-CGC considère que la priorité est de mobiliser toutes les énergies pour répondre à la première des attentes des français, à savoir la bataille pour l’emploi. La CFE-CGC est convaincue que dans un contexte économique marqué par la désindustrialisation, cet impératif passe par une politique industrielle à la hauteur des enjeux, en France comme en Europe.

Malgré l’urgence de cet impératif, il n’y a rien dans la loi défendue en ce moment au Parlement par le Ministre en charge de l’Industrie qui réponde à cet enjeu. C’est pourtant ce que les français sont en droit d’attendre d’une loi que l’on annonce destinée à soutenir la croissance et l’activité.

Pire, cette loi pourrait s’avérer contraire aux intérêts de l’industrie française. Qui peut croire que le développement du transport par autocars, sans réelle régulation, sera sans impact sur la filière industrielle ferroviaire française, pourtant filière d’excellence, du fait de la concurrence frontale créée avec le  train ? Et comme le dit Thomas Piketty, ce ne sont pas d’autocars dont les français ont besoin, c’est avant tout d’emplois.

La CFE-CGC est tout aussi convaincue que ce n’est pas en lâchant la bride de l’Etat actionnaire que nous le doterons enfin d’une vision industrielle qui lui fait aujourd’hui défaut et que l’abandon des activités énergie d’Alstom a mis en exergue ? Qui peut enfin croire que c’est en privatisant les aéroports au nom de l’optimisation financière que nous préserverons la souveraineté du pays sur ses infrastructures, que nous faciliterons les investissements productifs dans notre pays et que nous soutiendrons l’industrie aéronautique française ? Les américains ont le libéralisme moins béat…

Dans le même temps, le Premier Ministre a déclaré le climat grande cause nationale. La CFE-CGC doute que le développement des autocars, plus émetteurs de C02 que les trains à traction électrique, y réponde. Elle rappelle aussi que la politique tarifaire en matière d’électricité n’est pas là pour répondre à des compromis politiques grossiers en faveur de quelques lobbies influents, mais plutôt pour faciliter des investissements qui sont essentiels au tissu industriel de notre pays et au développement de filières d’excellence.

La CFE-CGC attend donc du gouvernement qu’il se hisse au niveau des enjeux industriels et économiques de notre pays au lieu de faire des lois Potemkine. Oui à une vraie politique industrielle qui prépare l’avenir du pays dans la compétition mondiale, de son économie et son modèle social. Non à une foi aveugle dans l’idée selon laquelle le progrès, c’est de faire confiance au seul marché et de ne favoriser que la concurrence !


mercredi 28 janvier 2015

Chômage 2014 : une année noire

Le constat est noir sur le front du chômage en 2014 : le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de plus de 6 % en un an et si l’on observe les plus de 50 ans, l’augmentation a été de plus de 10 %.

Les demandeurs d’emploi sont de plus en plus nombreux et pour des durées de plus en plus longues. La durée moyenne d’inscription à Pole Emploi est désormais de 539 jours ce qui est la durée la plus longue observée !

Malheureusement, ni les emplois aidés ni les milliards promis aux entreprises par le Gouvernement dans le pacte de responsabilité n’ont d’effets sur l’emploi. Ainsi, plus de 8 embauches sur 10 se font en CDD, ce qui représente un maximum historique. De plus, ces contrats ont des durées de plus en plus courtes puisque la moitié de ces embauches se fait pour des contrats de moins de 8 jours.

Nous appelons les entreprises à un sursaut urgent et salutaire pour que les efforts faits par les contribuables en faveur de cette politique de l’offre et subits par les millions de demandeurs d’emploi servent à créer et à sauvegarder des emplois.
Sortir d’une telle crise ne sera possible qu’en s’appuyant sur un dialogue social riche et efficace basé sur la confiance. Il faut mobiliser toutes les énergies et tous les acteurs, de la formation initiale à la formation continue tout au long de la vie, pour construire une véritable sécurisation des parcours.

La CFE-CGC sera toujours présente, dans le cadre d’un véritable dialogue social responsable, pour se mobiliser autour de solutions innovantes favorisant la croissance, la préservation et la création d’emplois.

vendredi 23 janvier 2015

La CFE-CGC va signer l’accord sur les salaires minimaux garantis des ingénieurs et cadres de la Métallurgie : + 0.6 % pour 2015

Malgré la faiblesse de l’ultime proposition de l’UIMM, la Fédération de la Métallurgie CFE-CGC a décidé de signer, le 27 janvier prochain, l’accord sur la revalorisation des salaires minimaux des ingénieurs et cadres de la Métallurgie.
Cet accord prévoit une augmentation de 0,6% des rémunérations sur l’ensemble de la grille, à comparer avec une prévision d’inflation en France de 0,3% selon le consensus des économistes. Il est assorti d’une clause de revoyure, condition essentielle de la signature pour pallier à tout dérapage éventuel de l’inflation.
Forte de son poids dans la branche, 47,53% sur la convention collective nationale des ingénieurs et cadres, la CFE-CGC prend ses responsabilités pour l’intérêt supérieur des salariés de la Métallurgie.
Pour mémoire, l’accord sur les salaires minimaux 2014, également signé par la CFE-CGC avait permis une revalorisation de 1,1% alors que l’inflation n’a été que de 0,5%.

mercredi 17 décembre 2014

RETRAITES COMPLEMENTAIRES : PAS DE CATASTROPHISME !

Les régimes complémentaires de retraite sont confrontés à un faible accroissement de leurs ressources. En effet, ces dernières reposent sur les salaires dont l’assiette est en forte diminution compte tenu du contexte de chômage élevé.  De plus il y a  une forte augmentation des dépenses sous l’effet de l’arrivée à la retraite des générations du baby boom.

Les partenaires sociaux  engageront, le 17 février 2015, une négociation qui aura pour objectif de trouver les mesures d’équilibre des régimes Agirc et Arrco. Dans cette perspective, le Comité Directeur de la CFE-CGC a fixé, lors de sa réunion du 15 décembre 2015, les orientations que devront approfondir ses négociateurs :

- La fusion de l’Agirc et de l’Arrco en un régime unique, cela n’est pas une option acceptable pour la CFE-CGC. Chacun des régimes, pris séparément, est déficitaire. On voit mal comment de l’addition de deux déséquilibres distincts pourrait résulter un équilibre global.
- Dans le cadre du maintien de deux régimes distincts, la CFE-CGC souhaite n’exclure à priori aucune mesure permettant leur retour à l’équilibre et leur consolidation.

Pour la CFE-CGC la sauvegarde de la retraite complémentaire il faudra un effort partagé entre tous les participants au système : salariés, retraités, entreprises.

Les partenaires sociaux ont démontré, depuis 1947, leur capacité à assumer leurs responsabilités de gestionnaires et de négociateurs de la retraite complémentaire. Ils sauront  à nouveau, face à une situation difficile, prendre les mesures propres à garantir aux plus jeunes générations une retraite complémentaire décente.

jeudi 23 octobre 2014

Sommet européen sur le climat : La Fédération de la Métallurgie s'adresse au Président de la République

Le prochain Conseil européen des chefs d'Etat, qui doit statuer sur la future politique européenne sur l'énergie et le climat, se tiendra les 23 et 24 octobre prochains à Bruxelles. Les orientations qui seront prises seront décisives, en particulier pour l'avenir de la filière sidérurgie en Europe.

En septembre 2014, la fédération européenne des syndicats de l'industrie (IndustriALL Trade Union) adressait un courrier aux chefs d'Etat de l'Union Européenne, ainsi qu'aux parlementaires afin d'attirer leur attention sur les risques encourus par la filière de production.

En effet, tel qu'il est envisagé aujourd'hui, le système de quotas d'émissions européens pourrait coûter de 70 à 100 milliards d'euros à la sidérurgie européenne entre 2020 et 2030. Les installations les moins émettrices de CO2, qui sont censées bénéficier de mesures préservant leur compétitivité, verraient leur quantité d'allocations allouées gratuitement réduite de 75%.

Par ce courrier, la Fédération de la Métallurgie CFE-CGC soutient l'initiative d'IndustriALL Trade Union et vous alerte, Monsieur le Président, sur le risque particulier qu'encourt la sidérurgie européenne.

Nous espérons que le futur cadre européen en matière de climat et d'énergie n'imposera pas - pour ce qui concerne les installations les plus performantes - de surcoûts directs et indirects de CO2 pour nos industries, alors que celles-ci sont soumises à la concurrence internationale. 

En effet si l'Union Européenne persistait, nous craignons qu'à l'horizon 2030, l'Europe ne soit plus un continent producteur d'acier, mais simplement un lieu de transformation d'acier produit sur d'autres continents. 
In fine, cela n'aurait d'ailleurs aucun impact sur le réchauffement climatique, bien au contraire, les installations de production d'Europe étant parmi les meilleurs perfomers en termes d'émission de CO2, mais serait désastreux pour l'emploi.

En espérant obtenir votre soutien à cette démarche, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de nos respectueuses salutations

vendredi 17 octobre 2014

Abandon de l'écotaxe : une note salée pour le contribuable

À l’heure où le gouvernement défend son action pour la transition écologique et énergétique, la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie n’a pas hésité à enterrer l’écotaxe alors que ce dispositif issu du Grenelle de l’environnement avait recueilli un large consensus et qu’il avait encore très récemment été jugé de « bon sens, juste et efficace ».

La CFE-CGC regrette une décision qui n’a fait l’objet d’aucune concertation et qui traduit l’incapacité du gouvernement à bâtir une fiscalité écologique juste et à intégrer les transports dans la transition écologique et énergétique. Pourtant, c’est bien d’une politique de transports cohérente, adaptée aux enjeux de réduction des gaz à effet de serre et fiscalement juste pour assurer le financement des infrastructures dont notre pays a besoin.

Pour la CFE-CGC, ce reniement présage une rupture avec les engagements qui ont été pris lors du Grenelle de l’environnement de développer les modes de transports alternatifs. En se privant de l’écotaxe qui avait déjà fait l’objet d’un décret en 2012, le gouvernement se prive en effet d’un outil structurant pour le report modal dans les transports.

La CFE-CGC considère qu’une telle décision est lourde de conséquences pour le financement des infrastructures de transport du pays. Qui peut croire qu’en ces temps de disette budgétaire, l’Agence de Financement des Infrastructures de transport de France (AFIF) a les moyens de se passer des recettes de l’écotaxe ? Cette décision est d’autant plus incohérente que les investissements dans les infrastructures sont une des clefs de la relance de l’économie et de la création d’emplois.

Dans sa recherche de recettes de substitution, le gouvernement envisage sans la moindre hésitation d’augmenter la taxe sur le diesel et d’ainsi faire supporter aux consommateurs la perte des recettes de l’écotaxe. De plus, abandonner l’écotaxe, c’est continuer de faire financer par le seul contribuable français les infrastructures de transport, tout en excluant la participation des transporteurs internationaux. Cette vision est d’autant plus saugrenue et inéquitable que ces derniers pèsent 30 % dans le transport routier des poids lourds en France.

La CFE-CGC dénonce un tel choix en plein ras-le-bol fiscal. La volonté de ne pas faire d’écologie punitive ne doit en aucun cas conduire à un renforcement de la fiscalité, pour le coup punitive, à l’égard des citoyens et en particulier des classes moyennes. La CFE-CGC demande donc au gouvernement de faire preuve de davantage de responsabilité en matière de transition écologique et de fiscalité !