mercredi 9 avril 2014

Le 10 avril : remise du rapport sur la fiscalité des ménages


La CFE-CGC a le sentiment que l'encadrement et la classe moyenne continuent de se faire plumer. La remise à plat de la fiscalité annoncée par Jean-Marc Ayrault a accouché, après 6 mois de travail, de quelques propositions sans ambition.

La CFE-CGC souhaitait que les futures réformes apportent du pouvoir d’achat en plus aux classes moyennes.
Ce rapport et les propositions qu’il contient ne vont pas éradiquer le « ras le bol fiscal », bien au contraire. La classe moyenne, et l’encadrement en particulier, le disent : « marre d’être plumés ! ».

Après avoir augmenté significativement la fiscalité de la classe moyenne depuis deux ans, les recommandations du groupe qui ne concernent que les ménages modestes  ne constituent en aucun cas une remise à plat de la fiscalité, c’est de la simple démagogie pour espérer récupérer les déçus de la politique actuelle.

Ces travaux se sont cantonnés à un état des lieux sur :
·      Le prélèvement à la source,
·      La progressivité de l’impôt et l'éventuelle fusion de l’Impôt sur le Revenu (IR) et de la Contribution Sociale Généralisée (CSG),
·      L’efficacité de la Prime Pour l’Emploi (PPE) et du Revenu de Solidarité Active (RSA), avec les conséquences des  effets de seuil des deux systèmes.

Mais hors de question de parler de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ou des taxes locales (taxe foncière ou d’habitation) ni d’évoquer les niches fiscales ou d’envisager de parler des multiples taxes qui frappent les ménages à tout moment.

C'est bien regrettable pour la CFE-CGC et pour les salariés de l'encadrement. La confiance en l'avenir est loin d'être gagnée.
La CFE-CGC attend de ce gouvernement de combat qu'il se batte pour :
- une fiscalité des ménages en baisse,
- une fiscalité plus incitative sur l'intéressement,
- la participation et l'actionnariat salarié (retour du forfait social à 8%),
- créer un écosystème permettant de faire du CDI la norme,
- redonner de la compétitivité aux entreprises afin qu'elles puissent embaucher y compris des agents de maîtrise et des cadres (fin du plafond à 2,5 Smic pour le CICE) et investir dans la montée en gamme. 

C'est sur des signes forts que la confiance se regagnera et non pas sur des propositions confortables et peu audacieuses.

lundi 7 avril 2014

Ascométal : semaine décisive

Jeudi 10 avril 2014 un CCE extraordinaire se tiendra.  L'administrateur judiciaire devrait présenter les 13 offres de reprises reçues à ce jour. 4 d'entre elles ne concerneraient que les centrales hydro-électriques de Savoie. Les autres seraient des offres de reprise globale. La CFE-CGC Sidérurgie s'attachera à vérifier la fiabilité et le sérieux des propositions de reprise retenues.

mercredi 26 mars 2014

La CFE-CGC ne signera pas le pacte de responsabilité

Le Pacte de responsabilité reposait sur un contrat de confiance entre le patronat et les syndicats de salariés. Il reconnaissait la nécessité d’un effort partagé entre les entreprises et les salariés pour retrouver le chemin de la croissance.

Mais le patronat a brisé cette confiance en imposant ses vues dans l’accord sur le financement de l’assurance chômage : cette réforme se fait aux dépens des classes moyennes, des techniciens, des agents de maîtrise, des cadres et des ingénieurs. Le contrat de confiance est donc rompu. C’est une véritable trahison du patronat.

Le fait de porter le délai de carence de 75 à 180 jours maximum avant de pouvoir toucher une allocation chômage est totalement inacceptable : c’est faire des économies sur le dos des cadres et des agents de maîtrise ! L’indemnisation de rupture de licenciement est là pour compenser un préjudice et non pour suppléer les carences de l’assurance chômage. La CFE-CGC dénonce cette iniquité au cœur de la société française, ces petits arrangements entre amis conclus lors de cette négociation, notamment via la collusion entre le MEDEF et la CFDT pour imposer les droits rechargeables qui vont un peu plus précariser les contrats courts et, in fine, coûter plus cher à l’assurance chômage au préjudice des classes moyennes.

La solution de bon sens était, notamment, de surtaxer les CDD qui génèrent 5,5 milliards de déficit par an. Une mesure balayée par le patronat ! Le MEDEF a voulu le beurre via les allégements de charges et l’argent du beurre avec une réforme de l’assurance chômage financée par les classes moyennes. La CFE-CGC refuse d’attendre que le MEDEF demande la crémière. Elle prend acte du comportement du patronat et ne signe donc ni l’accord d’assurance chômage ni le relevé de décisions du Pacte de responsabilité.

Elle participera bien aux négociations annoncées dans les branches pour l’emploi ainsi qu’aux négociations prévues avec le gouvernement sur la fiscalité avec la volonté de tirer la sonnette d’alarme. Le gouvernement et le président de la République devront l’entendre ! Ils doivent passer aux actes en faveur du pouvoir d’achat des classes moyennes grâce à une fiscalité en baisse pour les ménages et une fiscalité plus incitative sur l’intéressement et la participation.

La CFE-CGC, le seul syndicat qui se bat pour le pouvoir d’achat des classes moyennes !

vendredi 7 mars 2014

Le dictat de la finance a encore frappé : Ascométal placé en redressement judiciaire, la CFE-CGC inquiète quant à l’avenir de la société

Ce vendredi 7 mars, la société Ascométal, fleuron de l'industrie française dans le domaine de la fabrication d’aciers spéciaux, pour l’automobile, l’énergie…, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre.
Depuis son rachat en 2011 par le fonds d’investissements américain Apollo *, au travers d’un mécanisme de type « LBO » associant les banques Morgan Stanley et Bank of America, la société Ascométal a été considérablement fragilisée, d’autant plus que la sidérurgie européenne traverse une crise qui perdure depuis 2009.
Apollo n’a pas réussi à trouver un accord avec ses banques pour faire face à ses créances bancaires, ce qui conduit à cette situation dramatique de dépôt de bilan et de mise en redressement judiciaire.
Aujourd’hui, ce sont Ascométal, ses 6 sites industriels, son centre de recherche et ses 2 000 salariés qui trinquent, et qui pourraient payer l’addition d’une pratique financière « LBO » qui devrait être, si ce n’est interdite, au moins, beaucoup mieux contrôlée !
La CFE-CGC est indignée face à un tel gâchis industriel et humain !
La CFE-CGC en appelle à tous (banques, gouvernement…) pour trouver une solution de reprise de la totalité des sites, dans une approche industrielle et non pas financière !

* A noter que le fonds Apollo est en train de réaliser une plus-value de plusieurs centaines de millions d’euros en revendant ses actions de Constellium !

Ascométal a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre

Le Ministère du redressement productif a publié le communiqué suivant :

"Les négociations sous l’égide de l’Etat entre le fonds d’investissements Apollo (actionnaire d’Ascometal) et les banques Merrill Lynch et Morgan Stanley n’ont pas abouti à un accord sur une restructuration financière de l’entreprise.
Constatant la cessation de paiement d’Ascometal, le tribunal de commerce de Nanterre a décidé l’ouverture d’un redressement judiciaire.
Arnaud MONTEBOURG, Ministre du redressement productif, déplore l’incapacité du fonds Apollo et des banques Merrill Lynch et Morgan Stanley à s’entendre sur la gouvernance d'Ascometal. Il condamne ce    désaccord financier entre actionnaire et créancier qui a conduit à la mise en redressement judiciaire d'un fleuron de la sidérurgie française.
Une telle décision ne fragilise toutefois pas l’entreprise, elle lui permet de se placer sous la protection de la justice commerciale. Son avenir n’est en effet plus soumis aux décisions de son actionnaire ni aux contraintes exercées par les banques.
De la recherche de repreneurs engagée à l’initiative du Ministère du redressement productif en parallèle de ces négociations, il ressort plusieurs marques d’intérêts présentant une réelle ambition industrielle.
Les prochaines semaines seront consacrées à la finalisation de ces projets d’offres en lien avec l’entreprise, ses 1900 salariés, ses clients et ses fournisseurs.
Durant toute cette période, l'Etat sera au côté d'Ascometal pour trouver une solution industrielle pérenne."

Les difficultés de l'entreprise sont principalement dues à un fort endettement qui est la conséquence directe du "rachat" d'Ascométal par ce fonds d'investissements via une procédure LBO (Level BuyOut). L'acquéreur ne verse quasiment rien au vendeur (à l'époque Severstahl-Lucchini) mais remboursera en ponctionnant sur les résultats à venir de l'entreprise. Pour la CFE-CGC ces pratiques sont dangereuses et condamnables.